Prague au coeur de l'Europe: l'histoire, la petite, la grande...3
Aujourd'hui, un sujet difficile...
Chaque histoire, personnelle ou nationale, a sa part d'ombre. En France, la guerre d'Algérie est toujours tabou, le colonialisme toujours pas pleinement condamné, la collaboration pendant la 2nde guerre mondiale souvent sous-estimée, et les exactions post 2ème guerre mondiale très mal connues, pas enseignées...:
La Tchécoslovaquie n'a pas échappé à cette règle historique. La fin de la 2nde guerre mondiale dans ce pays est, entre autres, marquée par les accords de la conférence de Potsdam tenue par les nations victorieuses, et la signature de décréts supplémentaires par le président Beneš. Ceux-ci conduisent conjointement à l'expulsion de 2 à 3 millions de personnes d'origine allemande, en particulier du territoire des Sudètes (région entre la République tchèque et l'Allemagne), vers l'Allemagne vaincue.
Ce passé trouble encore le présent et pendant la campagne présidentielle tchèque, est devenu un sujet polémique dont le président élu a certainement largement profité, avec en arrière plan des relents de nationalisme exacerbé.
Aujourd'hui, donc, cette minorité et sa culture tend à disparaître complétement.
Les derniers Allemands des Sudètes
Et il est très difficile d'aborder publiquement les exactions sauvages qui ponctuèrent ces expulsions "officielles": viols, tortures, exécutions sommaires, suicides provoqués...
Je recommande à ce sujet la page internet ci-dessous (en anglais et tchèque) d'un jeune photographe tchèque lui-même originaire d'une ville peuplée d'Allemands. Il a réalisé en 2012 une exposition sous forme de poupées jouant des scènes reconstituées de ces atrocités.
Il raconte par ailleurs son engagement en faveur des minorités et contre le rejet ethnique et la discrimination, dans l'interview ci-dessous.
La photographier pour s'exprimer
Je laisse la conclusion à Lukáš:
"Ce sont des périodes de notre histoire et nous devons en parler, tout comme les Allemands parlent de la Seconde guerre mondiale et du nazisme qui ont été de très grands traumatismes. Nous aussi nous devons parler des moments négatifs de notre histoire."


