impressions croisées n°5 - Kehl la soeur de Strasbourg
Encore un petit billet de Jana, l'Alsacienne! Le dernier?
Profitez-en!
Aujourd'hui, cap sur Kehl, en Allemagne!
Kehl, la sœur de Strasbourg
Mon séjour en France vient de toucher lentement à sa fin. Avant de faire mes bagages, avant même de vous décrire Strasbourg, la capitale de Noël, je fais un peu le bilan et je réfléchis à ce qui encore mérite d´être dit. J´ai visité pas mal de villages et villes alsaciennes, elles se ressemblent beaucoup ; pourtant la deuxième ville la plus importante pendant mon séjour en France, c´était Kehl.
Je vais me répéter peut-être, mais en Tchèquie, on entend souvent la phrase « jdi do kelu » qu´on pourrait traduire comme « va t´en ». La prononciation de « kel » et « Kehl » est la même, j´avais donc pensé que le « kel » de la phrase est celui de l´Allemagne. J´avais essayé de trouver un lien logique, je m´expliquais que Kehl se trouvait bien loin de la frontière tchèque et que c´était un bon endroit où on pouvait envoyer quelqu´un qu´on ne souhaitait plus voir. Mais après une petite recherche, j´ai réalisé que j´avais eu tort, « kel » signifie simplement « chou ». Néanmoins, tous mes amis qui m´ont rendu visite ont bien rigolé après avoir su qu´on allait à Kehl.
Combien de fois je l´ai visitée ? Je ne pourrais même pas compter. Je me souviens quand il faisait beau et que j´avais encore mon vélo (mon pauvre vélo vert que j’ai dû ramener à Velhop au début de décembre), je faisais du vélo en Allemagne et c´étaient des sorties très agréables. La piste cyclable qui menait vers l’Allemagne était neuve, bordée par l´herbe haute pour être protégée un peu de la route. Comme ma résidence universitaire se trouvait proche de l´Allemagne, il me suffisait de vingt minutes pour aller à Kehl. Je traversais deux ponts dont un traversait le Rhin, et j´étais là, e l’autre côté de la frontière.
Le but de mes visites était simple, comme chez tous les français d´ailleurs, y faire des courses ! J´étais attirée pas les prix plus bas qu´en France mais aussi par l´assortiment plus élargi de certains produits, comme la charcuterie. Kehl est dominée par la droguerie DM, la chaîne allemande très populaire ; dans la ville de 35 000 habitants, il y avait au moins trois drogueries DM, ce qui représente un nombre important.
Je dois avouer que Kehl est la première ville allemande que j´ai visitée dans ma vie. C´est une ville sympathique, calme. Pendant que Strasbourg garde son visage médiéval pittoresque, notamment au centre ville (un seul bâtiment de l´architecture contemporain proche du centre est la Gare centrale dont la copule de verre est remise en question par les Strasbourgeois), Kehl a l´air plus moderne. La cité est très étendue, ouverte, les rues y sont moins serrées. Ce n´est pas une ville touristique; la plupart des touristes, ce sont les français faisant des courses. Comme je ne parle pas un mot d´allemand, je me sens plutôt à l´aise parmi tous les français entre les étagères de magasins, qui sont toujours en train de lire et essayer de comprendre ce qui est écrit sur les étiquettes allemandes, en n´y parvenant pas souvent, comme moi.
La relation amicale entre Strasbourg et Kehl est bien visible par exemple au travers de l´existence d´une navette qui circule presque toutes les dix minutes entre ces deux villes. Ce moyen de transport contenu dans l´abonnement est très fréquemment utilisé. En plus, il existe le Jardin de Deux Rives, un parc transfrontalier étalé des deux côtés du Rhin, reliés avec une passerelle. J´aimais le visiter aussi, notamment à vélo, car il s´y trouvait des pistes cyclables, et c´était très agréable de rouler dans la nature près du Rhin. Il y avait des petites plages de cailloux où j´adorais me reposer un peu et manger une tarte à l´oignon chaude préparée dans une des boulangeries allemandes. Je vous assure que c´est pas mal « jít do kelu » !